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Lors de la remise des prix du concours Open ISEG dans lequel Edovino a été lauréat, j’ai fait la connaissance de Florian Bourdot. Ce Bordelais est en effet le majeur de promotion 2018 de l’ISEG, et a pour l’occasion, dû prononcer un discours. Je dois avouer, que ses mots m’ont vraiment interpellés et même … touchés. C’est pourquoi, je voulais en savoir plus et lui dédier ce prochain Portrait d’Édoniste, pour que vous aussi puissiez découvrir cette belle personne.

Florian, ton début de carrière a beaucoup tourné autour de l’événementiel artistique et de l’entrepreneuriat. Peux-tu nous expliquer ce choix ?

Bonjour !

Pour la petite histoire, je me suis rendu compte assez rapidement qu’être jeune pouvait être déstabilisant, un frein pour entreprendre. Il y a quelques années j’ai eu l’occasion de participer à un projet de création d’entreprise dans le domaine publicitaire. Cependant personne n’y croyait pour cause : notre jeune âge.  

J’ai découvert un peu plus tard, par hasard, que l’événementiel culturel est un secteur où les profils jeunes sont plus acceptés.

C’est ainsi que mon aventure a commencé, j’ai co-fondé une association plutôt qu’une entreprise. Il n’y a eu besoin que de 2 ami-e-s partageant des valeurs et des passions communes.

Une fois notre projet lancé, les évènements grandissent, et petit à petit votre marque aussi.

Tout d’un coup, malgré votre âge, les personnes qui vous entourent vous font confiance, vous êtes toujours jeune, mais c’est devenue une fraicheur plutôt qu’un frein. Et c’est cette fiabilité qui permet de continuer à créer.

C’est d’autant plus challengeant ! Le secteur de l’évènementiel culturel laisse toujours la chance à ceux qui veulent faire. De nombreux secteurs professionnels tendent à en devenir de même et c’est tant mieux !

L’événementiel artistique c’est aussi un tout autre défi passionnant : l’Homme a besoin de culture pour être, mais pas les êtres humains pour vivre.

Il faut donc séduire et convaincre en permanence et cette réalité oblige une grande inventivité et exigence en communication.

De facto, il y a une certaine redéfinition des codes quasi permanente dans l’univers culturel. Cette nécessité de renouveau permet une liberté d’expression, laissant parler la créativité pour créer des messages et des moments uniques. C’est cette exigence que j’impose aussi dans mon activité de conseil en stratégie.

Liberté, moyens et vision, voilà pourquoi je suis passionné d’entrepreneuriat, d’art et de communication.

Florian Bourdot en train de mixer
© Frame pictures / À l’eau gigs 

Si tu devais raconter ton parcours, quelles seraient les étapes clés qui t’ont amené là où tu en es aujourd’hui ?

Sans aucun doute la création de notre première association dans la musique en 2013. En parallèle la même année, j’ai pu découvrir le monde de l’entreprise au travers de mon stage chez Castel Frères.

Il y a eu la découverte des « piques-niques électroniques » à Nantes en 2014, ma fin de licence à Berkeley, CA en 2016. Le dernier concert de Bordeaux Open Air 2018 avec 18 000 personnes dans le Jardin Public de Bordeaux. Et puis plus récemment la cérémonie de remise des diplômes de l’ISEG au Palais des Congrès à Paris.

Mais il y a aussi et surtout des rencontres qui façonnent mon parcours. Ces rencontres qui deviennent par la suite des amis, collaborateurs fréquents ou occasionnels, et tout ceux qui nous soutiennent bien sûr !… Et je les remercie chaque jour de l’inspiration qu’ils représentent pour moi ! Des instants aux débats, nos plus belles richesses sont nos échanges !

Est-ce que ton entourage a compris ce choix de te créer ta carrière par toi-même plutôt que de suivre une voie plus classique ?

Disons que cela a été moins évident à appréhender pour une partie. Surtout à mes débuts où je travaillais beaucoup en club et festivals, la nuit. De loin, ce monde ressemble à une grande famille et une grande fête. Mais au bout d’un moment, c’est aussi et toujours des entreprises et des professionnels, avec leurs fonctionnement et codes. Depuis que j’ai mon activité de conseil et que le festival a atteint une certaine ampleur, ils comprennent mieux mes choix.

Florian Bourdot au travail au festival Bordeaux Open Air
© Miléna Delorme

Lors de ton discours de la remise de diplôme, tu as évoqué beaucoup d’éléments très intéressants. Notamment sur le poids, le pouvoir et la responsabilité de la nouvelle génération. Peux-tu revenir dessus pour nos lecteurs et expliquer ton opinion ?

J’ai simplement souhaité rappeler qu’il nous appartient d’écrire ensemble nos histoires afin de construire notre Histoire commune. La manière dont nous travaillons et habitons cette planète miraculeuse la façonne, tout comme nos sociétés. Il faut accepter qu’elle est le résultat collectif de chacun d’entre nous, qu’on le veuille ou non.

Mais je dis ça avec beaucoup d’entrain et d’espoir. Il me semble qu’il nous est propre de fabriquer et de construire des aventures heureuses. C’était un peu mon idée en concluant avec « 100% satisfaction de consoma-trices-teures-et terre ». L’idée qu’il faut créer en intégrant le respect de la planète et de tout les êtres vivants comme une condition obligatoire.

Dans l’infini des possibles, il faut bien faire quelque chose. De mon côté j’essaye de laisser de côté ce qui nuit aux autres et/ou à la planète et de me passionner pour le reste.

Alors responsables bien sûrs, mais aussi pourquoi pas « super-héros » avant « talents ». Pourquoi pas très sérieusement sans se prendre au sérieux du tout ?

Les arbres arrivent à grandir en se laissant mutuellement assez de place pour grandir ensemble, pourquoi pas nous ?

Florian Bourdot en discussion avec Jean Marc Dumontet
© ISEG

Finalement pour toi, comment se définirait l’affirmation de soi ?

Je préfère imaginer qu’on s’accepte plutôt qu’on s’affirme. Il faut savoir écouter sa voix intérieure et définir ce qui nous va, ou pas. Et finalement accepter si ça change.

S’affirmer n’est peut-être pas la recette à long terme car il faut savoir se remettre en question quotidiennement pour apprendre. S’accepter en revanche, c’est forcément accepter aussi ses erreurs et ses réussites.

Ça permet d’essayer de s’imaginer aller de l’avant plutôt que face à quelque chose ou quelqu’un.

Florian Bourdot en costume

Edovino c’est aussi du vin. Nous avons vu que tu as d’ailleurs eu un stage dans une entreprise viticole. Mais quelle importance a le vin pour toi ? Dans ta façon d’être, de consommer, de vivre ?

Il a une saveur toute particulière. Ma famille possède un château à quelques kilomètres de St Émilion depuis plusieurs générations. L’histoire de Bordeaux est liée au vin et en être un partie-prenante oblige beaucoup de sagesse. Je ne bois pas beaucoup d’alcool et donc peu de vin, mais je n’oublie pas les 2000 années d’histoire de négoces quand je traverse la Garonne pour rejoindre les bureaux du festival. Pas plus que les parties sombres de l’héritage du Port de la Lune.

Dans sa construction, un vin est aussi quelque part un produit artistique. On oublie que les petites épices et libertés font parfois toute la différence, dès lors qu’on s’est affranchis des coûts et figures incompressibles. J’adore goûter et découvrir les vins d’autres pays également. C’est toujours étonnant.

Pour moi le vin, c’est vraiment le symbole de l’héritage commun.

Pour le stage, c’était mon premier en entreprise. Un été au service communication chez Castel Frères, pendant entre autres Vinexpo, un événement incontournable dans le monde du vin…Une expérience passionnante ! J’ai découvert la rencontre des métiers du service et du business, et l’amplitude de la force de frappe d’un service communication. Mais surtout la passion de nos métiers, mariée à celle du vin !

Peux-tu nous partager un souvenir en particulier que tu as par rapport au vin.

Le simple plaisir des grandes tablées des midis de septembre après avoir vendangé à la main les quelques rangées laissées de côté le matin. Il y a également un diner dans les vignes un soir de printemps, chez mes amis du Taylor Vineyards dans la Nappa Valley en 2016.

Florian Bourdot au festival Bordeaux Open Air
© Aubeo

Enfin, petite tradition chez Edovino, quels sont tes conseils pour toutes les personnes qui voudraient s’extraire du moule ?

Quel moule ?

…. 🙂

Le moule rigide en silicone géant qui vous bloque n’existe pas physiquement, à l’inverse de la gravité par exemple.

Le conseil c’est de garder à l’esprit que le moule n’existe que pour ceux qui acceptent de s’y plier ou veulent le prendre pour excuse. Les autres trouvent des moyens de transformer ce moule en cocon.

Alex Bluma