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« Tu as deux solutions : soit tu attends qu’on te donne à manger, soit tu vas pêcher ! » – Fiorella Pauloz

Fiorella Pauloz lors d'une conférence formation avec FWA
Durée : 10 min |

Alors que Décembre touche à sa fin, un soir pour me détendre je scroll Facebook avec un verre de vin à la main. C’est alors que je suis interpellé par ce post de Fiorella, une jeune entrepreneuse. Elle évoque dedans son parcours professionnel pour le moins intriguant mais toutefois inspirant. En regardant son profil je constate rapidement que Fiorella est une hédoniste affirmée. Voyages, Champagne, détente sur la plage et collection de chaussures. Pour l’équipe, cela ne faisait aucun doute, elle serait notre prochain Portrait d’Edoniste.

Post Facebook de Fiorella Pauloz
Le post Facebook de Fiorella

La construction du parcours de Fiorella

Nous avons tout d’abord voulu connaître son parcours depuis son adolescence. Sans doute que comme beaucoup de jeunes, elle n’aimait pas l’école. Mais avec Fiorella, il faut avouer que ce désamour était particulièrement fort. Non seulement aucuns enseignants ne l’appréciaient, mais surtout, elle les frustrait beaucoup. Que dire quand une élève a de bons résultats et des capacités mais préfèrent bavarder, voir distraire tout le groupe ? Conséquence, Fiorella était très souvent en colle. D’après elle, ses heures cumulées en une année pouvaient représenter facile une semaine.

Arrive l’échéance du bac, qu’elle manque de 5 points après rattrapage. Résultat de l’évaluation de son dossier par le jury. Considéré bien évidemment comme mauvais profil en raison de ses appréciations. Elle redouble donc sa terminale STG dans l’espoir de réussir cette fois-ci à l’examen. Cependant, elle se rend rapidement compte que ce modèle n’est pas fait pour elle. Et que s’obstiner ne lui sera pas forcément bénéfique. Elle renonce au bout d’un mois. Pour l’anecdote, le directeur de son lycée lui a demandé de rédiger une lettre de démission. Exercice fort délicat pour une jeune de 18 ans n’ayant jamais eu à faire cela.

Mais pour sa mère, cela ne pouvait continuer ainsi. Fiorella se retrouve avec un ultimatum crucial : aller travailler ou être mise à la porte. Alors elle accepta la première solution et alla travailler chez McDonald’s. Forcément pas un emploi de rêve pour elle qui rêvait de liberté. Mais cela lui permettait de pouvoir vivre dans l’insouciance encore quelques temps. C’est ainsi qu’elle enchaîna les sorties et rencontra un homme avec qui elle fut en couple pendant trois ans. Malheureusement, il n’était pas le bon et la relation s’est avérée vraiment néfaste.

Fiorella Pauloz avec une vue depuis les hauteurs de Lyon

L’épreuve difficile : une étape essentielle

Une période noire s’instaura pour Fiorella. Même si aujourd’hui elle admet aisément que cela a été bénéfique pour elle. Que si c’était à revivre, elle le ferait sans hésitation au regard de ce qu’elle a appris de cette épreuve de la vie. Tout d’abord elle détecte beaucoup plus facilement les personnes qui manipulent. En outre, c’est cet événement qui a forgé son caractère pour lui permettre de devenir qui elle est aujourd’hui.

J’ai constaté que de nombreux parcours passaient par cette période de désillusions. Jusqu’au point où l’individu remet en question jusqu’à son propre choix de vie. Je me suis donc demandé s’il y avait un lien. Lorsque je lui pose la question, Fiorella me répond que psychologiquement, ce coup dur a été quasi nécessaire. C’est cette épreuve qui lui procure au quotidien de l’énergie et de la détermination pour avancer.

Fort heureusement, elle a réussi quand même à se séparer cette relation négative et poursuivre son chemin. La mise en œuvre de sa détermination commença déjà par l’obtention de son bac en candidat libre. Sans forcer, comme elle aime le souligner. Pour elle c’est évident. Elle était en dehors de l’école, donc avec un état d’esprit bien meilleur vis-à-vis de la préparation à l’examen. Surtout qu’elle avoue ne pas aimer l’autorité. Et encore plus quand elle sait ce qu’elle veut, car elle sait comment le faire. Elle conclue sur ce point en précisant que selon elle, l’école sert à créer des moutons, de bons salariés prêts à obéir aux ordres.

Fiorella Pauloz montre une brochure immobilière

Début de la vie d’entrepreneuse

La vie de salarié, ce n’est justement pas ce que Fiorella désirait. Mais c’est compliqué de démarrer dans l’entrepreneuriat en étant jeune. Surtout dans un secteur comme l’immobilier. Elle a d’ailleurs dû enchaîner les postes de vendeuse dans ce secteur en raison de son âge. La conjoncture économique n’aidant pas également. Mais pour ses employeurs, son âge était un frein à sa crédibilité. Alors qu’elle réussissait à amener des ventes. Ainsi après deux ans et demi d’une situation peu idéale et six mois d’introspection, elle décide de sauter le pas et de devenir indépendante. Non sans opportunité extérieure, puisque c’est un appel qui a tout déclenché. Au bout du fil, un entrepreneur qui a détecté son profil grâce à la CVthèque de Pole Emploi.

Ne vous méprenez pas ! Fiorella n’a pas sauter dans le monde dans l’entrepreneuriat comme un enfant se jette sur ses cadeaux de Noël. Même si elle avait de la détermination du fait de son passé, la peur était bien présente. D’autant plus que son entourage ne connaissait pas réellement ce mode de vie non plus. Mais elle s’est dit : « bouge-toi le cul ! ». Et là voilà agent immobilière indépendante pour le compte d’un gros groupe. Néanmoins, elle ne disposait pas du réseau nécessaire pour toucher sa cible.

Fiorella Pauloz en formation avec un client

Qu’à cela ne tienne ! Ce n’est pas l’énergie et la créativité qui manque à Fiorella. Elle a su redoubler d’ingéniosité pour pallier ce problème et parvenir au succès. Je voulais en effet savoir comment elle avait acquis son premier client. Elle m’a alors raconté qu’elle s’était rendue à un salon de l’immobilier et avait joué le rôle d’une enquêtrice de satisfaction. C’était le moyen pour elle d’avoir des coordonnées de prospects, qualifiés qui plus est. Même si aujourd’hui la méthode n’est pas très RGPD friendly, pour le coup cela a fonctionné. Elle avait en effet bien identifié le besoin de sa cible.

Mais au bout de 3 ans elle se lasse de cette activité. Les résultats sont bons mais le business model ne lui convient pas. Elle a encore la sensation d’échanger trop de son temps contre de l’argent et de ne pas assez profiter. Être libre en somme. Et c’est un nouveau coup de téléphone qui va lui apporter la solution. Son ami se lance dans la création d’un club d’entrepreneurs dynamiques et ambitieux : FWA. L’objectif est de rendre accessible le trading à travers des formations et des outils. Elle prend alors en charge la partie formation pour soutenir le développement. Elle deviendra ainsi Tata Fiorella !

Un profil pas adapté pour le salariat

Vous l’aurez compris, Fiorella n’aime pas qu’on lui dise quoi faire. Même sa mère doit lui donner l’impression que ça vienne d’elle pour que les consignes, ou mêmes les conseils soient écoutés. D’ailleurs, en cas de désaccord, la petite Fiorella aimait répondre fermement qu’elle avait les droits de l’enfant. Il ne fallait pas la contrarier. En réalité, avec le recul, elle précise que la liberté et l’amour sont ses valeurs motrices. Et qu’elle ressent trop de pression si elle est enfermée, contrainte.

Très tôt elle a donc développé un penchant très prononcé pour l’indépendance. C’est tout naturellement qu’elle s’est tournée vers l’entrepreneuriat. À l’opposé, le salariat ne pouvait pas lui offrir ce sentiment. Elle ne porte pour autant pas de jugement à ceux qui optent pour cette voie. Pour elle, certaines personnes ont besoin de plus de sécurité. Tout le monde ne peut pas supporter le manque de cadre, le stress, ni assumer le risque et les fautes commises.

Au cours de l’échange elle précise également que cette sécurité peut aussi passer par le soutien familial. Or pour Fiorella, ça n’a pas vraiment été le cas. Il est difficile de faire accepter un choix en opposition avec ce qui a caractérisé toute la vie de ses parents. Elle cite notamment son père qui lui a demandé quand est-ce qu’elle aurait un vrai travail. Sous-entendu un poste salarié. Et ce, malgré une bonne autonomie financière.

Fiorella Pauloz en train de pitcher

Les difficultés d’être une femme entrepreneuse

Au regard du contexte actuel, je me devais de demander à Fiorella son ressenti quant à l’entrepreneuriat féminin. Si pour elle, elle avait rencontré des difficultés supplémentaires justement du fait d’être une femme. Et bien c’est le cas. Ce qui est d’autant plus vrai quand l’on est dans un secteur particulièrement masculin (immobilier, trading). Pour les hommes, tu es une femme donc tu es conne et naïve. Tout le monde croit que l’on peut te manipuler facilement. Chaque jour, tu es obligée de te battre pour que l’on t’écoute. Même aujourd’hui, au sein de son club d’entrepreneurs elle doit hurler pour s’imposer.

L’autre aspect, c’est que l’on te sous estimes. Tu n’es pas capable d’accomplir des choses à l’équivalent des hommes. Pire ! Si cela est le cas, ils sont jaloux. Alors ils te mettent des bâtons dans les roues. Comment s’en sortir alors ? Pour Fiorella le mot d’ordre : « ne pas avoir peur de s’imposer et d’être qui nous sommes. » C’est en étant franche et en disant clairement ce que l’on pense que l’on parvient à obtenir le respect de ses pairs.

Enfin, Fiorella a un nouveau projet en lien avec ses épreuves et ses aspirations. Sans doute pour l’année 2019. Stay tuned ! En association avec Amandine Moreno, elle souhaite donc lancer un site e-commerce.  L’objectif : vendre la panoplie de la parfaite business women. Avec les accessoires et les formations nécessaires pour y parvenir.

Fiorella Pauloz travaillant au bord de la mer

Une vie en ne respectant pas les codes

Les portraits d’Edonistes c’est aussi le moyen de donner la parole aux personnes qui osent ne pas respecter les codes. Et pour Fiorella, c’est même plus fort que cela. Être à contre-courant, c’est vital pour elle. Elle serait même triste si ce n’était pas le cas. La seule exception fût son adolescence. Comme elle précise, tu rentres dans les codes pour éviter le jugement des autres. Et pour socialiser, il est important de jouer les caméléons. Mais lucide, elle savait que cela ne lui convenait pas du tout.

Pour Fiorella, il n’y a pas de code. Enfin si ! Un seul. Être honnête et faire ce que l’on pense. Si elle veut sortir dans la rue en pyjama elle le fait. So what ?

En cherchant à comprendre d’où lui venait cette motivation à être elle-même, elle évoque le développement personnel. Elle a découvert cela grâce à une connaissance. La même qui lui avait permis de se lancer dans l’entrepreneuriat. Et aujourd’hui, c’est elle qui conseille vivement de s’y mettre. Les livres qu’elle recommande : Les 4 accords Toltèques de Don Miguel Ruiz, Père riche – Père pauvre de Robert T. Kiyosaki et Les 5 blessures qui empêchent d’être soi-même de Lise Bourbeau. Et un film à regarder dès que l’on a besoin d’être reboosté : Le Secret.

L’importance du vin dans sa vie

Que serait une vie d’(h)édoniste sans une forte importance du vin dans celle-ci ? Pour Fiorella, elle précise que c’est d’abord le Champagne qui compte pour elle. Tous les événements importants, et il y en a beaucoup, elle les fête accompagnée d’une coupe. Ou plus si affinités. Mais elle apprécie également le vin. Elle va même jusqu’à dire : « le vin c’est trop bien. Le vin ça détend, un verre ça apaise ». Ou parce qu’un bon foie gras n’est pas loin d’elle. Elle reconnait d’ailleurs qu’elle aime aussi bien manger. Ce qui ne manque pas de confirmer son hédonisme.

Mais pourquoi une telle importance ? Quelles sont les origines de cet amour entre Fiorella et cette boisson divine. Et bien en creusant un peu, il semblerait que cela soit justement cet aspect divin qui en soit la raison. Tout aurait commencé lors du Baptême de Fiorella. Sa maman lui a semble-t-il donner à boire une cuillère de Champagne. Un geste qu’elle ne manque pas d’honorer depuis.

Puis, je lui ai demandé de nous partager un souvenir personnel qu’elle avait par rapport au vin. La réflexion était nécessaire puisqu’ils sont très nombreux. Mais rapidement l’émotion la gagne, entre nostalgie et émerveillement, et en sélectionne un. Il s’agit de l’anniversaire de sa grand-mère aux Terrasses de Lyon (un restaurant gastronomique). Au cours du repas, le sommelier leur a servi un Gewurztraminer Vendanges Tardives d’une vingtaine d’années. « Magnifiquement bon », ce sont ces mots. Remarquez qu’elle se souvient du vin mais pas du plat accompagné. Un bon signe pour la bouteille.

Fiorella Pauloz tenant une coupe de champagne devant une vitrine

Ses conseils pour les personnes coincées dans un moule

Enfin, lorsque nous rencontrons un nouvel Edoniste nous aimons connaître les conseils qu’il donnerait à des individus au profil similaire. Et même plus généralement à toute personne qui a envie de s’affirmer. À cette question, Fiorella n’a pas hésité longtemps. Sa première réponse : « Sortez de votre zone de confort ». Pour elle, mettre le pied à l’extérieur est fondamental et essentiel. Elle trouve même qu’on y respire mieux.

Cela correspond bien à son parcours. Sa réussite, son épanouissement, elle le doit surtout à sa mise en danger et son audace. C’est pourquoi elle rajoute qu’il faut passer à l’action et ne pas attendre passivement. Elle emploie d’ailleurs une maxime reprise de Confucius. « Tu as deux solutions : soit tu attends qu’on te donne à manger, soit tu vas pêcher ! » Phrase à laquelle elle précise qu’aujourd’hui ce qu’il l’anime c’est d’apprendre à pêcher aux autres.

Puis elle ajoute qu’il faut apprendre à devenir et à être soi-même. Cela passe notamment par une phase d’introspection afin de connaître ses grands objectifs. Si nous ne le faisons pas, nous sommes voués à ne pas être heureux finalement.

Fiorella Pauloz au téléphone
Alex Bluma

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