fbpx

“Pour être soi-même, il faut oser casser les codes” – Alex Bluma

Alex Bluma être soi-même en chemise orange sent un verre de vin rouge
Durée : 5 min

Pour ce premier portrait d’Edonistes nous avons décidé de donner la parole à Alex Bluma, cofondateur d’Edovino. Cet article retrace son parcours pour mettre en lumière son profil non conventionnel. Comment il a réussi à s’affirmer et être lui-même. De son enfance contrastée d’expérimentations et de passions originales, créant ainsi un sentiment de rejet. À son orientation pour l’entrepreneuriat après avoir compris que les modèles imposés n’étaient pas pour lui.

 

Alex, dans un article personnel tu expliques avoir commencé à entreprendre très jeune. C’est peu commun. Peux-tu nous en dire plus ?

“Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été animé par une forte motivation à créer une entreprise. Je me rappelle dessiner des modèles de voitures que je montrais à mon pédiatre. Je voulais en effet lancer ma propre marque. Alors il me demandait tout le temps si le projet avançait et si j’avais conçu de nouveaux modèles.

 

Et puis à l’âge de 8 ans, j’ai commencé à faire des échanges dans la cour de récré. J’avais un approvisionnement continu de jouets Happy Meal que j’échangeais contre des billes. Cela me paraissait normal de faire ça. Mais le directeur ne partageait pas le même point de vue. Alors j’ai dû arrêter mon activité. Bien que selon moi, j’apprenais mieux à compter et calculer que pendant les cours.

 

Heureusement ma soif d’entrepreneuriat était forte. J’avais plein d’autres idées en tête : lancer une compagnie de fret ferroviaire ou révolutionner l’école par exemple.”

Jeune garçon qui tient une calculatrice

Pourquoi vouloir révolutionner l’école ? Tu penses que le modèle scolaire n’était pas adapté ?

“Nous étions juste après la bulle Internet de 2001. Il faut se remettre dans le contexte qu’en France, les outils numériques n’étaient pas encore très développés. Par chance, à la maison nous avions déjà un ordinateur, un Windows 2000. Et surtout, j’avais l’encyclopédie Encarta sur CD-ROM. Les plus jeunes ne peuvent pas se rendre compte à tel point c’était génial. Wikipédia n’étant pas aussi connu que maintenant.

 

Alors je passais des heures sur ce logiciel. Je lisais des pages sur l’astronomie, l’Égypte et la Grèce Antique, etc. Finalement, j’apprenais beaucoup plus et plus vite. C’est à partir de là que j’ai commencé à remettre en cause notre modèle scolaire. Trop linéaire, trop classique. Selon moi, c’était évident qu’il n’était pas assez adapté aux outils émergents. Je constatais en effet que l’informatique se développait dans notre entreprise familiale. C’était un magnifique outil qui nous permettait de gagner en efficacité. Je n’imaginais pas à quel point le numérique prendrait de l’importance dans notre société actuelle. Mais ce qui était sûr pour moi à cette époque, c’est qu’il aurait permis d’améliorer la pédagogie.

 

Parallèlement, je prenais conscience aussi de la force de l’expérimentation. De ce qu’on nomme aujourd’hui learning by doing (apprentissage par l’action). En fait, j’en avais moi-même bénéficié pour l’apprentissage de la lecture. Pour tout vous dire, je dois remercier le marketing et le Père Noël. En effet, quand j’étais plus petit, comme beaucoup d’enfants j’écrivais mes listes de cadeaux. Je voyais les pubs à la télé et retrouvais les jouets que je désirais dans les catalogues. Eh bien je recopiais leur nom depuis ce support sur ma liste. Mon cerveau faisait ainsi l’association entre les sons entendus à la TV et les mots du catalogue.”

 

Alors qu’as-tu décidé de faire ?

“Lorsque je constate un problème, je cherche à développer une solution. À l’époque, j’ai donc rédigé une lettre au Président (N.L.D.R – Jacques Chirac) pour lui suggérer des idées concrètes à mettre en place. Par exemple : de mettre plus de cours en utilisant l’informatique, de croiser le sport et l’apprentissage, de regarder des documentaires pour l’histoire géographie. Ou d’avoir de vraies situations concrètes du quotidien dans lesquelles on pourrait mettre en pratique nos cours. Malheureusement, je crois qu’elle n’est jamais arrivée.”

 

J’imagine qu’en tant que parent, cela ne doit pas être simple de gérer un enfant atypique comme toi. Quelle était votre relation ?

“Avec le recul, je pense que oui, cela ne devait pas être facile tous les jours. Nous avons tous des souhaits pour nos enfants. Même si, consciemment ou inconsciemment, ceux-ci sont très souvent le reflet des groupes sociaux auxquels on appartient. Mais je ne voulais pas l’entendre de cette oreille.

 

Ils me disaient d’étudier, d’avoir de bons résultats, d’être dans les meilleurs de la classe. Alors j’ai essayé, parce qu’au fond on écoute toujours un peu ses parents. Mais je ne me sentais pas à ma place. Et ce sentiment a été encore plus renforcé par la suite comme je n’atteignais pas ces objectifs.

 

Finalement ce que je voulais, c’était créer. Comment ? Je n’en savais rien. Mais je voulais suivre mon instinct, ma voie, telle qu’il me plairait. Et si cela devait déranger, ce n’est pas grave !”

Alex Bluma en train de lire des notes

Ton enfance s’est donc construite autour de la création, notamment liée au monde de l’entreprise. Comment est-ce que tu as alors débuté au niveau professionnel ?

“Au lycée, j’ai poursuivi mes expérimentations entrepreneuriales de façon informelle. Et puis, en multipliant les rencontres et les opportunités, je me suis retrouvé à créer ma première entreprise à 18 ans. C’était une activité modeste d’événementiel. Plus précisément je vendais des soirées clés en main à des boites de nuit.

 

Je n’avais que peu de connaissances. J’ai donc naturellement fait des erreurs. Mais tant pis. Je faisais ce qui me plaisait vraiment. Mieux, j’apprenais encore plus grâce à cela.

 

Alors j’ai tout de même suivi par la suite un master en marketing pour développer mes compétences. Mais encore une fois, quand ma famille me conseillait de faire des stages dans de grandes structures, je ne les écoutais pas. Je préférais passer mon temps à lancer deux nouvelles start-ups. C’était ça qui me correspondait. Il ne pouvait pas en être autrement.”

 

Aujourd’hui tu es donc entrepreneur dans un secteur à la rencontre du vin et du digital. Comment en es-tu arrivé jusque-là ?

“C’est à peu près vers l’âge de 15 ans que mon attrait pour ces deux secteurs s’est développé. Je dégustais régulièrement des vins pour les grandes occasions ou les repas du dimanche. Nous sommes en effet une famille de passionnés. L’univers, l’esprit, l’artistique qui découle de ce secteur m’ont toujours fait vibrer. Le simple fait d’observer la vigne grandir me procure une forte sensation.

 

Pour ce qui est du digital, j’ai eu la chance d’avoir une connexion Internet et un ordinateur à la maison relativement tôt. Je passais beaucoup de temps sur les forums, les blogs, etc. J’observais les comportements évolués à travers l’émergence des réseaux sociaux. J’étais fasciné par les aspects techniques et les différents langages derrière. Et puis, c’était l’époque de Matrix. Forcément que cela contribue à forger un imaginaire.

 

Du coup, j’ai effectué mon premier stage dans un petit cabinet de webmarketing. J’étais en charge du développement d’une plateforme collaborative. Et puis j’ai réalisé un second stage dans un domaine viticole bourguignon. Cela a fini de définir mon choix de carrière. J’ai découvert un univers magique dans lequel je pouvais exprimer ma créativité à travers l’écriture et la création entrepreneuriale. En effet, j’ai vite constaté des problèmes, des choses à améliorer. Alors je ne pouvais pas rester sans rien faire.”

Alex Bluma en train de pitcher Edovino

Même si tu sembles loin d’avoir assouvi ta soif d’apprentissage et d’expériences, peux-tu conclure sur ce que tu as déjà vécu ?

“S’il y a bien un enseignement majeur que je retire de ce début de parcours, c’est l’importance d’être soi-même. C’est vrai que cela impose d’avoir confiance en soi pour s’affirmer. Mais c’est parce que les moules que l’on nous impose ne nous correspondent pas. Vous pouvez demander à un chien d’être un chat. Il aura beau faire tout ce qu’il peut, à un moment sa nature l’empêchera d’être ce qu’il n’est pas.

 

Aujourd’hui j’ai la chance de pouvoir me lever tous les matins en disant : “j’adore ma vie !” C’est parce que l’entrepreneuriat, le digital et le vin me plaisent, me correspondent. J’ai pu m’épanouir en faisant ce pour quoi j’étais fait. Nous sommes tous uniques. Nous devons exprimer ce qui fait notre unicité avec une grande dose de courage et de détermination. En fait, pour être soi-même, il faut oser casser les codes !”

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *