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“Le système scolaire n’est pas là pour t’aider à t’affirmer” – Martin Leclercq

Martin Leclercq en train de tailler la vigne
Durée : 5 min

Martin, lyonnais et développeur passionné au parcours atypique, dirige Akumaw, PapieMamieDigital, intervient en enseignement supérieur et est co-fondateur du collectif CoucouBisou.

 

Bonjour Martin. Nous t’avons sélectionné pour réaliser un portrait d’édoniste à propos de toi. Nos recherches ont en effet révélé que tu avais une personnalité et un parcours atypique.

Portrait de Martin Leclercq en mosaïque

Peux-tu nous expliquer dans les grandes lignes ce qui fait cette originalité chez toi ?

“Alors si tu entends par hédoniste quelqu’un qui aime la bonne bouffe et le bon vin effectivement j’en suis un. Une personnalité atypique je ne sais pas. J’essaye d’être comme tout le monde pour ne pas faire flipper les autres. 🙂 Mais mon parcours oui, je pense. En fait, il est un peu chaotique. Enfin c’est ce que je pensais au début. Je suis un peu comme Martin Matin : tous les matins je fais un truc différent.

 

J’ai détesté les études. J’ai quand même réussi à avoir mon bac. Alors je suis devenu : musicien électronique arpentant les « free parties » dans un joli J9 ; puis technicien lumière. J’ai créé une agence événementielle avec mon meilleur ami ; une agence de booking ; été directeur adjoint d’une discothèque ; organisateur d’un festival (4 000 personnes) ; graphiste/maquettiste. Peut-être que demain je serais boulanger. Il y a quand même un point commun entre tous ces boulots. C’est que je me suis toujours embrouillé avec mes patrons. Même quand j’étais mon propre patron…

Peugeot J9

Vite pris par la fièvre entrepreneuse, j’ai créé une première boite : une agence de dev (Akumaw : développement web) ; puis deux : PapiMamieDigitalformation pour les personnes âgées ; puis trois : une filiale à Montréal. Et je kiffffffeeeee ! Mais c’est fatiguant … Mais je kifffffffeeee ! Plus sérieusement, l’entrepreneuriat c’est beaucoup de sacrifices. Mais c’est la clé. Enfin, la clé de mon épanouissement. J’essaye aussi d’en faire des doubles pour les transmettre à mes étudiants.

 

À propos des étudiants, j’ai une petite anecdote. Je dispense actuellement des cours dans 6 écoles à Lyon. Une de ces écoles m’a démarché dernièrement et lors de notre entretien tél, je précise bien que je n’ai pas de diplômes (certaines écoles demandent des bacs + 28 000). La responsable pédagogique me répond : « ce n’est pas grave c’est exactement ce qu’on recherche. » C’est une petite victoire. Les mentalités commencent à changer. C’est l’expérience qui prime et ne pas apprendre bêtement de la data en cours qu’on ne sait pas appliquer IRL (ouep je parle comme un jeune aussi ; IRL = In Real Life).

 

Ce parcours que je pensais chaotique m’a au final apporté énormément de choses. Permis de rencontrer beaucoup de monde de milieux différents. – Le plus étrange : les body suspension à Lyon, je vous laisse regarder sur le net. – Et donc de forger ce que je suis aujourd’hui : quelqu’un de curieux, passionné, qui ne tient pas en place et qui est heureux de se lever tous les matins.”

 

Est-ce que cette atypicité a été quelque chose de difficile à affirmer ?

“Difficile à affirmer ? Je dirais même impossible à affirmer. J’ai mis très longtemps à vraiment savoir qui j’étais et ce que je voulais.

 

Le système scolaire n’est pas là pour t’aider à t’affirmer. Au contraire ! À mon époque bien sûr. Il a peut-être évolué… Enfin j’espère. Il essaye de faire rentrer un rond dans un carré, un triangle dans un rond, etc… Et si ça ne passe pas ? On tape ! On tape et ça fini par rentrer.

 

J’ai mal vécu ma scolarité (et mes parents aussi :). Rentrer dans les rangs, faire des devoirs, apprendre bêtement des choses (il ne faut surtout pas demander à quoi ça sert). Ça peut sembler con, mais ce process là n’est pas fait pour tout le monde. Je ne l’étais pas donc je me suis adapté tant bien que mal en déployant de multiples stratagèmes de camouflage.

 

Jusqu’au jour où je suis parti vivre un an en Australie. C’est ce voyage qui a changé ma vie je pense. Seul face à un monde inconnu. Un bac à sable géant où tout est possible. Waaaaouhhhh c’était trop bien ! Je crois que j’y pense au moins une fois par semaine.”

Martin Leclerc en train de coder pendant le hackathon fHacktory

Est-ce que cela correspond à ce que ta famille, notamment tes parents, auraient aimé que tu sois ? Ont-ils accepté tes choix ?

“Ils n’ont jamais essayé de m’orienter dans une voie plus qu’une autre. J’ai eu la chance d’avoir des parents ouverts et assez compréhensifs. Ils ont accepté tout ce que j’ai tenté. Que ce soit la musique, l’événementiel, l’entrepreneuriat, etc.

Mis à part les conflits habituels entre un enfant et ses parents, je ne suis pas à plaindre.”

 

Quelle importance a le vin pour toi ? Dans ta façon d’être, de consommer, de vivre ?

“Mon père est un grand amateur de vin. Avec une belle cave où je lui piquais des bouteilles avant de partir en soirée. Il a suivi des cours d’œnologie. Ce qui nous donnait envie d’en suivre et de comprendre un peu plus cet univers.

Aujourd’hui j’en consomme régulièrement. Et de plus en plus je cherche des petits producteurs, bio ou pas, pour découvrir.”

 

Peux-tu nous partager un souvenir que tu as par rapport au vin.

“Un de mes amis avait une copine dont les parents tenaient un bar dans un village en Ardèche. Pour mes 18 ans ils m’ont tout simplement offert…le bar. Le temps d’une nuit bien sûr. Il était fermé donc on a été livré à nous même dans cette jungle de bouteilles et de saveurs. Il devait surement y avoir du vin dans cette jungle. Je ne me souviens plus.

 

Plus sérieusement, je me souviendrais toujours de mon premier marché aux vins à Ampuis avec mon père. Ou encore quand j’ai bossé pour Guigal. Ou encore quand j’ai fait les vendanges. Horribles les vendanges. Tu bosses, tu bois du vin. Tu bosses en buvant du vin. Urghhh ! Je sais pas comment j’ai tenu.”

 

Pour résumer, quel bilan pourrais-tu faire sur ton parcours ?

“C’est compliqué de faire un bilan. Pour moi le bilan arrive à la fin. Donc je pourrais répondre à cette question quand je serais sur mon lit de mort. Mais comme d’ici-là on se sera tous robotifié (transformer en robot) et bien on sera immortel. Donc je ne pourrais jamais répondre à ta question.

J’ai encore trop de choses à voir, à apprendre. J’en suis qu’au début de mon parcours.”

Martin Leclercq en train de plier une feuille pour faire un avion

Enfin, quels conseils pourrais-tu donner à quelqu’un qui se sent atypique mais qui n’ose pas s’affirmer tel qu’il est ?

“Question compliquée aussi. Ce que je pourrais dire :

  1. fuis les gens qui ne te respectent pas ;
  2. fuis les gens méchants. C’est juste qu’ils sont malheureux. Mais tu ne peux pas aider tout le monde. Donc fuis ;
  3. fuis les manipulateurs ;
  4. fuiiiiiiis les humains… Vive les robots ;
  5. en gros deviens développeur !

Je pense qu’il faut apprendre : à se faire confiance, s’écouter, être curieux, voyager, sortir de sa zone de confort, aller à la rencontre des gens (mais que les gens bien). Et lire les accords Toltèque tout en buvant un bon vin !”

Martin Leclerc en train de faire une présentation

Pour découvrir plus de portrait d’edonistes : par ici.

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