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Depuis plusieurs mois, je vois régulièrement des posts LinkedIn très forts, venant d’un entrepreneur du nom de Sylvain Tillon. J’entends en outre souvent parler de lui. Que ce soit dans différents programmes d’accompagnements ou même dans les réseaux de créateurs. J’ai donc voulu en savoir plus sur ce personnage qui semble donc tout à fait correspondre au Portrait d’Édoniste. Voici ce qu’il m’a livré.

Sylvain, ton parcours semble tourner autour d’un mot : ENTREPRENEURIAT. Peux-tu nous expliquer comment en es-tu arrivé à vivre ainsi ?

Longue histoire, c’est que je commence à me faire vieux…

À 20 ans, quand j’ai passé les concours d’école de commerce, j’expliquais que je voulais créer ma boîte, un jour, après 10 ans de conseil (pour apprendre la « vie »). Ce n’était pas très original comme présentation, mais cette envie de créer était réelle.

Ensuite, à EM Lyon, en 1re année, on doit tous participer à un projet de création d’entreprise. Parmi quelques idées, je me suis lancé dans un projet de bijoux pour cheveux. Je ne vois pas les couleurs et je ne connais rien au monde de la coiffure… Mais le défi était marrant. Et en fin d’année, j’ai été sélectionné parmi les 12 meilleurs projets pour « pitcher » devant un jury de professionnels. J’ai terminé 11ème/12. Cela m’a donné envie de montrer au jury qu’il s’était trompé. Alors j’ai lancé la boîte. Pour de vrai ! Plus par défi que par réelle conviction business 😉

Voilà comment je me suis retrouvé entrepreneur à 21 ans. L’aventure était tellement incroyable qu’après l’échec de cette 1re entreprise, je me suis relancé dans une 2ème boîte, puis une 3ème… Désormais, je ne me vois pas faire autre chose que de créer et développer des entreprises !

Portrait de Sylvain Tillon

Dans ta description LinkedIn, tu racontes l’anecdote qu’au moment de trouver un emploi plus classique, tu as refusé de signer ton contrat. Qu’est-ce qui t’a fait reculer ainsi ?

Chercher un job a fait partie de ma thérapie post-échec entrepreneurial. Cela m’a permis de rassurer mes parents (comme quoi je pouvais gagner du vrai argent) et de retrouver confiance en moi (si on me proposait un CDI, c’est que je n’étais peut-être pas si nul…) !

Néanmoins, j’ai très mal cherché du travail : je suis allé voir de grandes entreprises du conseil parisiennes. Les grands noms qui font rêver pas mal d’étudiants en école de commerce. Mais après 6 ans d’entrepreneuriat, c’était très dur de redevenir un numéro dans une grande organisation, avec des missions très cadrées et un esprit entrepreneurial quasi nul…

2 éléments m’ont fait particulièrement réfléchir :
– J’étais prêt à signer pour un job de consultant chez CapGé. La RH m’a dit qu’elle m’envoyait mon contrat de travail sous 3 jours. Le mail est arrivé 3 semaines après notre échange… Je me suis alors dit que si tout était comme ça, j’allais vite devenir fou !
– Je n’avais pas envie de retourner à Paris, de porter un costume, de faire un job qui n’a pas toujours de sens… quel que soit le salaire à la clé. Pendant ma recherche d’emploi, j’ai commencé à faire quelques missions pour des clients et je me suis rendu compte que je pouvais m’assurer un salaire de 1 500 € net en faisant des choses qui m’éclataient vraiment. Et finalement c’était ça qui était le plus important : que je prenne du plaisir à bosser tous les matins.

Sylvain Tillon avec sa mascotte renard de Tilkee

Les bijoux pour cheveux, la conception pédagogique, l’amélioration des ventes des entreprises. Des secteurs très variés. Te qualifierais-tu comme un touche à tout ? Et si oui, comment réponds-tu aux critiques de ceux qui pensent que c’est une preuve d’instabilité et le meilleur moyen de mal faire ?

Je suis plus passionné par le défi (intellectuel, business, organisationnel…) que par le sujet entrepreneurial.

Et pour ce qui est de l’instabilité, j’ai su me concentrer à 200 % pendant 5-6 ans dans chacun de mes projets entrepreneuriaux… Il y a plus instable, non ?

Bijou pour cheveux Lucif'hair créé par Sylvain Tillon

As-tu des moments douté de ton choix d’une vie d’entrepreneur ?

Oh oui. C’est assez fréquent. Évidemment, après mon 1er échec, j’ai tout remis en question… Surtout que les soutiens (famille, potes, réseau pro) dont je bénéficiais pendant l’aventure entrepreneuriale se sont effrités, voire ont disparu.

Il m’a fallu du temps, des copains compréhensifs (merci Ludo et Guilhem, mes serial losers préférés) … J’en ai aussi profité pour créer un blog, rédiger un bouquin et animer des cours sur cette expérience. C’est ainsi que j’ai remonté la pente.

Et aujourd’hui, même si je doute encore, je sais qu’après 17 ans d’entrepreneuriat, je suis inembauchable ou presque. Donc je suis condamné à entreprendre 🙂

Comment ta famille et tes proches ont perçu ce choix ? D’autant que tu as commencé jeune, et à tes débuts, les mentalités n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui.

Joker !
Mes parents n’ont pas du tout eu un parcours entrepreneurial. Et ils étaient un peu déçus que je n’exploite pas mon potentiel en devenant cadre d’une grande entreprise (c’était l’ascenseur social qui était prédestiné pour moi).

Mais je sais qu’aujourd’hui, ils me voient heureux et qu’ils comprennent mieux mes choix.

Côté potes, j’ai un cercle de très bons potes entrepreneurs. C’est un vrai choix de vie que d’entreprendre… et ce n’est pas toujours simple à partager avec des non-entrepreneurs…

Sylvain Tillon dédicace son dernier livre Le Pacte des parents

Est-ce que tu penses qu’il est difficile d’être soi-même ?

Ahah. Bonne question.

Avec l’expérience, l’âge (et la connerie associée), j’en ai fait mon « personnage » que de dire tout ce que je pense, quand je le pense, que ça plaise ou pas.

Mais dans la réalité, les critiques et autres trolls haters peuvent tout de même m’atteindre. Je sais bien que je les cherche en trashant, en étant aussi clivant… Mais c’est moi. Alors j’assume… (mais ça me rend triste parfois)

Edovino c’est avant tout de l’hédonisme et du vin, alors parle-nous de ce que cela représente pour toi.

Énormément ! La gastronomie et le vin sont mes passions.

À tel point que je pesais 100 kg il y a 5 ans…

Bah oui, après 30 ans, on assimile moins les graisses et le sucre des repas 🙂

Donc depuis, je me suis mis au sport à fond. Avec un seul objectif : celui de pouvoir continuer à boire et à manger avec passion sans mettre ma santé en danger !

Silvain Tillon pendant le duathlon du Revermont

As-tu un souvenir autour du vin à nous partager ?

J’ai été initié par mon ami Denis à une soirée de la confrérie des chevaliers de Tastevins il y a une dizaine d’années. Smoking obligatoire, la soirée se déroule au château Clos de Vougeot. L’ambiance est extraordinaire et les vins sont… fabuleux !

C’est tellement improbable, hors du temps. C’est un truc complètement fou.

Encore merci, Denis, pour ce moment inoubliable !

(pour ceux qui veulent un aperçu de ces événements : https://youtu.be/M8QVwma21QU)

Sylvain Tillon pour le repas de la Confrérie des Chevaliers du Tastevin

Enfin, comme le veut la tradition de cette rubrique, quels seraient les conseils de vie que tu aurais envie de partager à notre communauté ?

Oups… Je vais être défaillant sur cette question. Chacun fait bien ce qu’il veut, comme il le sent et à sa façon.

Mais voilà mon adage perso : Jamais renard fainéant n’eut la gueule pleine de plumes !

Sylvain Tillon déguisé en renard pour VivaTech
Alex

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